Attrape mes cauchemars si tu peux 3


cauchemar

Source image: Lilipinso

Les cauchemars ont été très envahissants dans mes nuits de petites filles. Je me revois dans mon lit luttant pour ne pas dormir afin de ne pas en faire. Je crois qu’il m’arrivait même d’avoir de véritables terreurs nocturnes. A la fin de l’adolescence et au début de  ma vie adulte, j’ai même eu le droit aux paralysies nocturnes… un truc bien angoissant dont j’ai appris le nom bien longtemps après les premières crises.

C’est dire combien je suis empathique quand le Pirate cauchemarde.  Les premiers cauchemars qui réveillent sont apparus vers ses 2 ans, il parlait alors de « loups ». A l’epoque, c’était passé avec un petit monstre en jouet que nous avions posé à côté de son lit et à qui nous demandions tous les soirs de faire peur aux autres Monstres.

C’est surtout avec l’entrée à l’école que les cauchemars ont pris beaucoup d’ampleur. A base de popopopop (Joey qu’est ce qu tu fous là?) … euh… de plusieurs réveils terrifiés par nuit…. en quinconce avec les tétées de la Crevette pour parfaire ma mutation en être bionique. Mais revenons à nos loups…

Toutes les nuits il parlait d’un même être terrifiant avec tant de détails que j’avais envie de lui demander de se taire et d’arrêter de me faire flipper. Comme je suis une maman digne et accessoirement psychologue je lui proposai cependant de développer. J’essayais de lui expliquer la différence entre le réel et le monde onirique et de le rassurer tout en évitant de tomber dans le piège : « Viens te réfugier dans notre lit »! C’était difficile parfois de le laisser seul avec ses peurs après l’avoir consolé mais on les connaît nos petits squatteurs de lit et quand le Pirate nous rejoint, il a une manie quelque peu oripilante de nous mettre ses doigts dans nos nez et nos oreilles. Gru est à la limite de la crise clastique à chaque fois. Chacun dans son lit avec ses  cauchemars, c’est mieux, je vous le dis!

Nous sommes tombés sur un bouquin à la médiathèque qui prend la chose très au sérieux: Comment ratatiner les cauchemars? Dedans  il y a une description détaillée de ce qu’est un cauchemar et tout un tas de petites astuces pour leur faire la nique! Nous avons testé entre autre, dessiner le cauchemar et le ratatiner ou mettre du spray anti-monstre autour du lit. Très efficace!

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Source image: Amazon

Un autre bouquin qui aide à bien dédramatiser: Riquiqui? Il semble que la fréquence des mauvais rêves a baissé au moment où le Pirate me demandait souvent de lui lire.

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Source image: Amazon

Une nuit plus difficile que les autres je lui ai dit que je me sentais bien démunie face à ses terreurs et je lui ai demandé comment je pouvais l´aider. La réponse fut rapide et efficace: « Il faut que tu attrapes mes cauchemars maman! ». Pourquoi je n’y avais pas pensé plus tôt…

Je lui ai donc proposé de confectionner un dreamcatcher.

La légende du dreamcatcher est amérindienne. Elle raconte qu’une araignée tissait une toile à l’entrée des tipies pour que les mauvais rêves se coincent dedans et n’atteignent pas ses habitants. Certains parlent plutôt d’une femme appelée Asibikaashi et que l’on surnommait La Femme Araignée car elle tissait des toiles invisibles de fils fins au dessus des lits des enfants pour les protéger. Elle avait d’ailleurs pour vocation de protéger toutes les créatures du monde. La tribu s’agrandissant et se dispersant, les grands mères prirent la relève pour créer des dreamcatchers à mettre au dessus du berceau des nouveaux nés.

Les mauvais rêves et énergies négatives sont denses et lourds. Ils s’engluent dans la toile et sont détruits aux premiers rayons du soleil. Les beaux rêves et énergies positives sont légers. Ils passent à travers la toile et propulsés par les plumes sur lesquelles ils glissent, ils atteignent l’esprit du dormeur.

Je crois que si nous mettons beaucoup d’attention, d’intentions et de symbole dans un objet que l’on créée, celui ci peut réellement avoir les vertus que nous lui prêtons. Alors c’est ce que nous avons fait.

Nous avons utilisé:

– Une branche de saule pleureur de notre jardin que nous avons choisi avec soin. Nous n’avons pas oublié de remercier l’arbre pour son dévouement à notre cause.

– Du fil de coton

– Des perles

– Du fil de fer et du scotch

– Des plumes naturelles trouvées sur Plumes.fr* dont 2 qui imitent les plumes d’aigles utilisées dans les dreamcatchers traditionnels.

Voilà le résultat:

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Photo Unik Mam’s©

Il n’est pas parfait surtout le tissage du milieu. Il y en a de bien mieux exécutés sur Pinterest, par exemple. Ce qui compte chez nous c’est d’avoir élaboré et fait ensemble et  le soin que nous y avons mis. Ces ingrédients font de lui le plus beau  dreamcatcher du monde à nos yeux.

Je ne sais pas ce qui a permis un apaisement mais chaque petites astuces semble avoir fait sa part.  Aujourd’hui, les réveils nocturnes sont plus rares et il suffit d’un mini câlin pour qu’il se rendorme.

On profite aussi de la période d’Halloween pour s’amuser des vilaines peurs … Ridiculisées elles n’ont plus qu’à aller se coucher pour nous laisser bien dormir. Cette année nous avons trucidé un potiron, dévoré des araignées sous forme de muffins au chocolat, nous sommes allés faire la nouba à la Fête de la Sorcière et nous comptons bien jeter un sort demain à quiconque ne nous refilera pas de bonbons!

Et vous quels sont vos petits trucs anti-cauchemars, anti-peurs? Ceux de vos enfants ou les vôtres que vous pouvez faire passer pour ceux de vos enfants (on fera genre on vous croit, promis!)…

Faites de beaux rêves !

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Source image: lilipinso

* Plumes.fr est une entreprise française qui prend soin des animaux dont sont issues les plumes. Les oiseaux sont élevés en plein air et seules les plumes tombées naturellement sont utilisées puis travaillées avec soin.

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3 commentaires sur “Attrape mes cauchemars si tu peux

  • Delphine

    Ah les cauchemars… C’est que certains sont récurrents, et particulièrement marquants!
    Petite, j’avais peur du… lambris au plafond de ma chambre, dont les nœuds me faisaient penser à des yeux de loups.
    J’avais peur aussi le la rue en face de chez moi, qui descendait en une pente à plus de 10% (dans mon imaginaire, c’était même 45%… voyez le genre!). Dans mes rêves, la rue ouvrait sur un trou béant nous amenant directement dans un labyrinthe habité par une sorcière… Merci les contes soi disant « pour enfants »!

    Quand mes loulous faisaient des cauchemars, on en reparlait souvent le lendemain… On cherchait des solutions ensemble.
    Ça donnait « La prochaine fois que tu recroises cette vilaine et moche sorcière, qu’est-ce que tu penses que tu pourrais faire pour ne plus avoir peur d’elle? »
    On inventait alors d’autres scénarios de rêves possibles. Des variantes où nos enfants seraient accompagnés, armés ou équipés (le plus souvent d’objets magiques, il faut ce qu’il faut face à une sorcière!). Et je crois que ça marchait plutôt pas mal… En tout cas, ils n’avaient plus peur de refaire ce mauvais rêve, en sachant qu’on avait trouvé ensemble une astuce pour que ça se termine bien ;).

    J’aime beaucoup l’idée du dreamcatcher, et de la puissance de l’intention que vous y avez mise. Magique <3

    • Mam's Angélique Auteur de l’article

      Arrête tu me fais flipper ?
      C’est vrai que pour les contes je suis partagée.
      D’un côté, je pense que ça permet d’aborder des thématiques qui existent au fond de chaque enfant comme l’étrangeté, la mort, la méchanceté … mais parfois ils sont vraiment trop glauques où en tout cas inabordables avant un certain âge. Le Petit Poucet par exemple… Florence Foresti a fait un sketch dont je ne me lasse pas à ce sujet: https://m.youtube.com/watch?v=bbfc7ov6Wy0
      Je crois qu’effectivement ça marche bien d’armer les enfants le jour contre les vilains de la nuit ?

      • Delphine

        Les contes permettent ça, oui… Mais à mon avis ce n’est pas un hasard si certains ne sont pas (ou peu) édités pour les très jeunes.
        Alors c’est bien, la culture générale tout ça… Mais certains contes sont un peu hardcore quand même quand ils ne sont pas édulcorés.
        Le petit Poucet, La petite fille aux allumettes, Barbe bleue, Hansel et Gretel… et même Cendrillon!
        Sans parler du rôle de potiche / princesse de Cendrillon, dans la « vraie » version les demi sœurs se coupent des orteils pour pouvoir chausser la pantoufle de vair. Alors même si voir écrit pantoufle « de verre » m’horripile au plus haut point, je préfère la version soft du pied qui n’entre pas dans la chaussure!
        Quand même… Andersen, Grimm, Perrault et consorts… Ils étaient quand même un chouïa dérangés pour écrire des trucs pareils :p

        Haha, et en me relisant, je me dis que d’un autre côté la « pantoufle de vair » heurte ma sensibilité à la cause animale :p
        J’crois que finalement je préfère Blanche Neige (avec sa belle-mère qui veut la tuer parce qu’elle est plus jeune et jolie qu’elle ^^)