Entrepreneuriat, développement personnel… Même combat?



Il y a quelques années, j’ai lancé mon activité.

J’ai recommencé à créer, à me servir de mes dix doigts. Parce que je savais faire, et parce qu’il fallait que je me sorte de ma dépression. C’est un énorme raccourci, mais finalement c’est ce qui s’est passé…

Oui, j’étais dépressive. J’ai traversé une crise existentielle, comme beaucoup d’autres avant moi et peut-être comme nombre d’entre vous en ce moment.
Ça m’avait alors sauté au visage. Sentiment d’inutilité. Une explosion devenue impossible à contenir, déclenchée par une phrase banale : “Tu fais quoi dans la vie?“. Si tu n’as pas lu cette histoire, tu peux commencer par là!

Grosse remise en question, insécurité, doutes…

Et puis… J’ai créé mon entreprise, mon activité. Et je me suis éclatée, vraiment. J’ai fait des choses dont je ne me serais pas crue capable. Moi, la fille réservée au fond-de-la-classe-près-du-radiateur (eh… Frileuse un jour, frileuse toujours!).

Et puis, j’ai mis un pied dans le développement personnel.

Aucun rapport, me direz vous… Et pourtant, si!

Si mon entrée dans l’univers de l’entrepreneuriat avec la création de mon entreprise a une date bien définie, si les racines de ce projet sont claires… Il n’en va pas de même pour mon entrée dans le développement personnel.

Quand est-ce que ça a commencé? Quel a été l’élément déclencheur? Difficile pour moi de le dire, encore aujourd’hui!

Une rencontre avec une amie dont la bienveillance me laisse rêveuse. Suivie de discussions qui m’amènent à penser qu’elle et moi avons énormément de points communs.

Un test de personnalité qui parle vraiment de moi. J’ai toujours aimé les test, en trouvant pourtant systématiquement les résultats tronqués, voire absurdes. Pour celui là, ce n’était pas le cas.*

Mes enfants, qui grandissent et à qui je veux apporter le meilleur… Je sentais fortement les limites de ce que je pouvais leur apporter. Pour prendre un exemple basique qui parlera à tout le monde : Comment leur montrer qu’il ne faut pas avoir une phobie (des abeilles et guêpes pour mon cas) quand on est soi même gouverné par nos peurs (au point de traverser la rue sans regarder pour fuir un bzzz bzzz perçu quelque part pas loin).

Un peu de tout ça sans doute. Petit à petit, je me suis penchée sur certains sujets. Une question en entraînant une autre. Je ne me suis jamais arrêtée.

Le développement personnel, c’est comme le chocolat : c’est difficile de s’arrêter à une seule bouchée

Vous ne voyez toujours pas le rapport?… J’y viens!

Un pas après l’autre, je me suis rendue compte que l’entrepreneuriat nourrissait aussi des questionnements sur moi même. Et que le développement personnel pouvait répondre à certaines des problématiques que rencontrent une grande majorité des entrepreneurs, si j’en crois les discussions sur les groupes dont je fais partie.

Crédit photo : Startup stock photo

Être entrepreneur, c’est pas juste créer et puis vendre.

Il y a des choses qu’on ne vous dit pas. Parce que ça ne se fait pas. Parce qu’il ne faut surtout pas sortir du cadre, il ne faut surtout pas montrer nos doutes. Et pourtant, on est confrontés à nos croyances limitantes, à nos peurs, bien plus souvent que je ne l’avais imaginé en créant mon entreprise.

Il y a la peur de montrer ce qu’on fait, d’être rejeté.

Le fait d’avoir du mal à fixer un tarif juste, de l’annoncer sans frémir, d’assumer la valeur de ce qu’on apporte au client. Parfois même d’avoir du mal à considérer que ça a de la valeur. Manque de confiance…

Il y a la croyance que travailler c’est obligatoirement chiant et dur. Si tu gagnes des sous en faisant un truc qui te plaît, c’est pas normal, t’en veux trop… Ou celle que ce que tu fais sert une “noble cause” et que donc, ce n’est pas juste ou éthique de demander de l’argent pour ça… Hum, et tes factures, tu les paies comment?

Et puis celle qu’il n’y a pas de place pour tout le monde, parce que “c’est la crise”… Et quand on voit la concurrence, dans tous les domaines, il y a de quoi pâlir!

Il y a la peur de “ne pas être assez”… Pas assez diplômé, pas assez original, pas assez performant.

Peur de se planter, d’avoir investi temps, argent, énergie dans un projet que ne fonctionne pas. Et peur de réussir aussi, et que ça nous amène à changer, à nous exposer davantage ou à passer moins de temps avec nos proches… Et oui, c’est pas interdit d’être contradictoire!

Bref… Quand on veut avancer, un jour ou l’autre on travaille sur notre rapport à l’argent, sur notre estime, notre confiance en nous. ou encore sur ce sentiment tenace d’être un imposteur, de ne pas mériter éloges ou argent. On se questionne beaucoup, on avance petit à petit. On remet aussi tout en question parfois. Parce que ce qui a été vrai ne l’est plus forcément…

Et puis on se rend compte qu’on est nombreux, à se poser ce genre de questions. Que c’est même très courant. Mais personne ne vous dit jamais rien. Parce que ça ne se fait pas.

Aujourd’hui encore, je doute…

Vue de l’extérieur, on peut penser qu’une fois une entreprise créée, une fois les clients trouvés, tout coule de source.

Mais non…

Pas toujours. Pas sur le long terme du moins.

J’ai la sensation d’être en constante évolution. Que mon développement personnel et celui de mon entreprise sont liés. Que l’un pousse l’autre, toujours un peu plus loin. Avec parfois des remises en question façon crise existentielle.

J’en parlais déjà d’ailleurs quand je vous disais que je ne voulais pas être égoïste. Je me suis rendue compte que quand je ne vais pas bien, mon entreprise ne va pas bien non plus. Et vice-versa : quand mon entreprise ne fonctionne pas bien, c’est que j’ai probablement un travail à faire sur moi, mes croyances, mes limites.

C’est un peu schématique et réducteur. Il y a beaucoup d’autres paramètres à la réussite d’une entreprise évidemment. Mais le premier, c’est l’entrepreneur lui même!

L’entrepreneur et ses peurs, ses doutes, ses contradictions. Mais aussi l’entrepreneur et son authenticité, sa passion.

Un peu comme la maman que je suis, pleine de doutes et d’inquiétudes. De fiertés et de joies aussi…

Et si je crois toujours qu’on ne naît pas mère, on le devient… Je peux vous assurer aussi qu’on ne naît pas entrepreneure, on le devient aussi! Et les similitudes ne s’arrêtent pas à la nécessité de continuer à grandir. L’aspect multi-casquette d’un entrepreneur solo peut aussi être rapproché des multiples rôles de la maman-mère que je suis.

Deux faces d’une même pièce… Qui suis-je? Entrepreneure et maman c’est certain… Mais cette question fera l’objet d’un autre article!

*Si tu veux tout savoir, il s’agit d’un test de personnalité : le MBTI, qui pour la petite histoire m’attribue un profil plutôt peu répandu. Ce jour là, j’ai enfin compris pourquoi je me sentais parfois en décalage… Un vrai soulagement (oui, j’aime avoir des explications sur tout!).

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