Le jeune homme qui jouait avec un avion en papier…


Tout à l’heure, à l’arrêt de bus en face de chez moi, j’ai vu un jeune homme… Je dirais qu’il avait la vingtaine. Il était seul, et il jouait à faire voler un avion en papier.

J’ai trouvé ça tellement beau, ça m’a donné le sourire immédiatement. Vous me direz… 20 ans, et jouer avec un avion en papier… Vraiment ?! Et je vous l’accorde, c’est difficile à croire. J’ai eu l’impression d’être une privilégiée qui captait un instant fugace de la manifestation de l’enfant que nous sommes encore quelque part, enfermés dans nos corps d’adultes. Cet enfant là, d’environ 20 ans, jouait avec un avion en papier. Et j’était émerveillée… Et en y repensant, j’ai encore le sourire aux lèvres.

Je me suis demandée sincèrement si ce sourire sur mes lèvres était un sourire moqueur… Mais non, vraiment pas. C’était de la joie toute simple.

Ça a duré une fraction de seconde. Des voitures sont arrivées, et il s’est immédiatement arrêté de jouer, reprenant une attitude et une posture “sérieuse”. Il a cessé de jouer quand il a vu qu’il pourrait être observé.

Crédit photo : Kristopher K (Pixabay)

Pourquoi… Aurai-je fait de même à sa place? Absolument, sans l’ombre d’une hésitation.

Mais qu’est-ce qui nous amène à cesser de jouer une fois adultes, dès qu’on se sait observés? Qu’est-ce qui nous pousse donc à prendre cette attitude sérieuse?

J’y ai réfléchi… Est-ce la honte de ne pas se comporter comme une personne de son âge le devrait? La peur de sortir du cadre? La crainte d’être jugé?

La crainte du jugement

J’y reviens souvent, en ce moment, à cette notion de jugement. Déjà entre adultes, je trouve que c’est pesant et que ça dégrade beaucoup les relations… Mais cette réaction, si elle ne vient pas de la crainte du jugement… d’où vient-elle? Et si elle découle de cette peur d’être jugé, ça veut dire qu’à un moment en tant qu’adulte en devenir, on assimile qu’il faut arrêter de jouer passé un certain âge? qu’il faut avoir un air sérieux, sage?

De quelle façon intègre-t-on ce genre de comportement? A quel moment fait-on taire notre enfant intérieur? Est-ce qu’on peut empêcher ça?

En tant que maman, je me pose beaucoup de questions sur mon comportement et mes réactions. A la fois comme adulte, et potentiel modèle de mes enfants, et aussi comme mère imparfaite à qui il arrive parfois d’émettre des jugements… Parfois même sur mes propres enfants.

Mes enfants sont une source de remise en question, et un moteur pour devenir la meilleure version possible de moi même. Et leur offrir le meilleur est rien de moins que mon objectif. Étant tous les deux adolescents, ils sont vraiment en plein dans la tranche d’âge critique : A la recherche de leur individualité, tout en cherchant à appartenir à un groupe. A l’âge où les critiques et jugements sont fréquents et parfois violents. J’ai à cœur d’être pour eux le meilleur soutien possible, tout en respectant l’intimité et l’indépendance dont ils ont besoin. C’est un équilibre difficile à atteindre… Mais si je ne peux agir directement sur eux, au moins je peux me changer, et cesser de juger. Cesser de ME juger aussi.

Le poids et les conséquences du jugement… J’y avais déjà pensé à de nombreuses reprises, bien entendu. Mais la lecture des 4 accords Toltèques il y a quelques mois a vraiment mis un coup d’accélérateur radical au changement qui avait déjà commencé à s’opérer en moi. Chacun d’entre nous fait de son mieux, même quand il juge. Et quand je cesse de juger les autres et moi même, je me sens vraiment mieux. Et si je ne prends rien personnellement, alors les jugements des autres n’ont pas de prise sur moi.

Facile à dire, difficile à mettre en pratique. Tout ceci nécessite du temps bien entendu… Mais finalement, ne sommes nous pas là pour ça?

La vie est un jeu

J’ai déjà eu l’occasion de lire à plusieurs reprises que finalement la vie était un jeu.

Si l’on considère que nous sommes sur terre pour trimer, travailler, souffrir, subir, craindre tout et n’importe quoi… La vie est-elle satisfaisante? Je ne crois pas. Et pourtant, c’est ce que beaucoup d’entre nous pensent. Et ils vivent leur vie en allant de frustrations en déceptions, et ressentent colère, désarroi et incompréhension face aux nombreuses difficultés et embûches qui ne manquent pas de se présenter sur le chemin de chacun d’entre nous.

Ne vaut-il pas mieux considérer la vie d’une toute autre manière?

Je préfère pour ma part considérer ma vie comme un terrain de jeu, un lieu d’apprentissages et de découvertes… Chaque personne que je côtoie, chaque situation que je vis a quelque chose à m’apprendre. J’attire à moi les personnes et les circonstances dont j’ai besoin pour grandir. J’en suis convaincue. Et en étant convaincue de ça, je peux traverser la vie en étant consciente de la chance qui m’est donnée d’apprendre, de me rapprocher de moi même chaque jour un peu plus. Je n’ai pas toujours vu les choses de cette façon, loin de là! Et j’ai eu des périodes de doutes et d’incompréhension moi aussi… Et pourtant, avec le recul, je sais que je suis une sacrée chanceuse et que la vie me veut du bien!

Ça ne rend pas les choses plus faciles à vivre. Dans l’instant, un coup dur reste un coup dur. Mais une fois le coup encaissé, j’aime garder à l’esprit que tout arrive pour une raison ; et que tout le monde fait simplement de son mieux en toutes circonstances. Ça m’aide beaucoup à prendre du recul, et à n’en vouloir à personne. La rancune n’étant pas ma tasse de thé, je m’allège de tout fardeau inutile et je continue d’avancer, de jouer, d’aimer la vie et les autres…

Et je m’émerveille devant ce jeune homme, qui jouait avec un avion en papier…

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